Minoru MOCHIZUKI

(1907-2003)

minoru_mochizuki

Minoru MOCHIZUKI est le premier homme qui a montré quelque chose qui ressemblait à de l’Aïkido en France.

Le premier homme aussi à s’être détaché de l’enseignement de Morihei Ueshiba.

Pour le faire savoir, il crée le Yoseikan.

Cette discipline a t-elle des points communs avec l’Aïkido?

 

Qui est Minoru MOCHIZUKI ?

Pour découvrir qui est Minoru MOCHIZUKI, ouvrons une page web pour voir ce qu’on raconte à son sujet (sous réserve de la crédibilité des informations citées dans les biographies en général, et celles des sites d’arts martiaux en particulier).
On peut lire que Minoru MOCHIZUKI est l’un des premiers assistants de Morihei UESHIBA, le fondateur de l’Aïkido. Il fut aussi un des élèves de Jigoro KANO, fondateur du Judo.
Il est connu pour la pluralité des arts martiaux qu’il a pratiqué, et pour le Yoseikan Budo .
Sur www.budoyoseikan.com  par exemple :

« Maitre MOCHIZUKI, fondateur du Yoseikan Budo, commença par pratiquer le Kendo à l’âge de cinq ans dans le dojo de son grand-père à Shizuoka. Puis il se lança dans le Judo et joignit le Kodokan (Centre Mondial du Judo) en 1925 ou il est devenu un compétiteur hors-pair. Sous la tutelle de Jigoro KANO, fondateur du Judo, Maitre MOCHIZUKI devint le plus jeune membre du Kobudo Kenkyukai – organisation pour l’étude, la présentation et le développement des arts martiaux classiques – établie au sein du Kodokan, dans laquelle il pratiqua entre autres le Katori Shinto-Ryu. En 1930, il fut choisi par Jigoro Kano pour aller étudier l’Aïkijujutsu avec Morihei UESHIBA. Il fut l’uchideshi de Morihei UESHIBA au Kobukan Dojo pour une année avant d’ouvrir son propre dojo dans la ville de Shizuoka en 1931. C’est alors qu’il commença à développer son propre style d’Aikido: le Yoseikan Budo… »

Puis :

« … Minoru MOCHIZUKI fut le premier à enseigner l’aïkido en Occident lorsqu’il séjourna en France de 1951 à 1953 comme professeur de Judo. Il a enseigné à son dojo de Shizuoka jusqu’à vers la fin du dernier millénaire et a vécu les dernières années de sa vie en France avec son fils Hiroo. »

On découvre que Minoru MOCHIZUKI est resté un an environ en compagnie de Morihei UESHIBA, pour ensuite développer son propre art martial, le Yoseikan… On apprend également qu’il a passé 2 années en France dans le cadre du judo et profité de l’occasion pour montrer quelques techniques d’aïkido.
Sur www.aikicam.com , que dit-on à propos de cette période passée en France :

« En 1951 il fait partie de la délégation culturelle du Japon pour la réunion de l’UNESCO à Genève, comme expert délégué par le Kodokan pour démontrer le Judo en France, en Suisse et en Tunisie. C’est au cours d’une compétition internationale de Judo à Paris, qu’il effectua la première démonstration d’Aïkido Jujutsu à l’Ouest, art qui subjugua un bon nombre de pratiquants de Judo. Il en profita pour montrer également le Iaïdo, le Kendo et un peu de Karaté. Il est donc le pionnier de l’Aïkido en France, où pendant 2 ans et demi il enseigne le Judo et l’Aïkido, il écrit même un livre sur l’Aïkido et un fascicule sur la boxe française, avant son départ en 1953(1). Il est ensuite remplacé par Tadashi ABE ».

Il est dit que Minoru Mochizuki sera relayé par Tadashi ABE, envoyé par Morihei Ueshiba, certainement dans le but faire connaître un peu plus l’Aïkido en France, mais dans toute Europe également.
Mais vous ne voyez rien d’autre ? Quelque chose qui saute aux yeux comme le nez de Depardieu au milieu de sa figure ?
Sur les 2 pages des sites présentés, les biographies commencent toujours par la liste des titres ( dan et autres) obtenus dans chaque discipline pratiquée. Ce n’est pas anodin, puisque on veut vous faire croire qu’un niveau de grade élevé correspond à une compétence élevée.
Rappelez-vous notre introduction, et l’avertissement donné aux lecteurs concernant la notion de grades au Japon. Nous avons ici une illustration parfaite de ce que peut comprendre au premier coup d’œil un néophyte, qui considéra ces grades dans comme un gage d’expérience et d’efficacité
Qu’est-ce qu’il est dit au sujet de ses titres en Aïkido : il affiche 10 dan à son actif. Décerné par un membre de la famille impériale.
Plus précisément 10ème dan IMAF.
Ça veut dire quoi IMAF ?
L’IMAF (ou International Martial Arts Fédération ) est plus une corporation qu’une fédération à proprement parler.
C’est  « Le Cercle des Pouet-Pouet disparus», où on se congratule, se récompense, entre retraités d’arts martiaux en tout genre, dirigeants politiques ou membres impériaux, on y retrouve même d’anciens présidents de l’IMAF, c’est vous dire !
Bref, nous avons affaire à une bande d’aristocrates en déperdition, qui ne savent pas quoi faire de leurs journées, et qui refont le monde chaque matin que Dieu leur accorde. Un milieu tout à fait hermétique, qui sent la naphtaline à des kilomètres.
A l’occasion, ils distribuent des titres à des personnalités qui ont flatté leur égo, et qui, par conséquent, le méritent !
On appelle çà des titres honorifiques. Un bout de papier, pareil aux médailles des champions qu’on accroche au dessus de la télé et qui finissent par prendre la poussière.
Si on regarde de plus près les grades obtenus par Minoru MOCHIZUKI, hormis ce grade de 10ème dan attribué par l’IMAF, il n’y a pas un grade qui est en rapport avec l’Aïkido, et la suite de son histoire sur www.aikicam.com n’en suggère pas non plus  :

« Durant les années qui suivent, il reçoit le 5ème dan de Kendo et le 5ème dan de Jodô en 1956, et le 7ème dan de Judo en 1959. Il reçoit la médaille d’argent de la ville de Paris décernée par le bureau du conseil municipal en 1960. En 1963, il envoie son fils Hiroo Mochizuki en Europe pour y développer son enseignement. Il surveille et dirige le développement du YOSEIKAN RYU depuis sa maison de Shizuoka où son dojo est fréquemment visité par des spécialistes d’arts martiaux du monde entier. Il reçoit régulièrement ses principaux disciples Français et anime des stages à plusieurs reprises en France dans les années 70.
En 1976, il reçoit le titre d’enseignant pour haut gradés Judokas, et en 1977 le «Kokusai budo in » lui octroi le grade de 8ème dan de Judo Hanshi et le titre de conseiller technique national. Puis il est nommé 9ème dan Hanshi de Jujitsu par le «Kokusai budo in» en 1978, année ou il publie son livre intitulé « Nihonden Jujutsu ». L’année suivante il reçoit le 10ème dan IMAF d’Aïkido des mains d’un membre de la famille impériale. En parallèle il continue de voyager a travers le monde en Australie, Taïwan, Canada, Vietnam
».

Et pour cause, puisque Minoru MOCHIZUKI a très peu pratiqué l’art de Maître UESHIBA. Comment pourrait-il en être autrement ?
Un spécialiste de la guitare classique s’intéresse davantage à son instrument qu’à une trompette, non ? On ne peut pas en dire autant de MOCHIZUKI.

Ce qu’il faut retenir :

Il est très courant de voir au Japon , des maîtres d’arts martiaux ayant pratiqué successivement plusieurs disciplines.
Il est moins courant que des grands maîtres les pratiquent tous en même temps.
Morihei UESHIBA a pratiqué d’autres disciplines, mais il s’est consacré uniquement à l’Aïkido le restant de ses jours. 
Pour Jigoro KANO, c’est pareil, il a pratiqué l’athlétisme, le tennis et le base-ball, et pourtant il ne se consacrera plus qu’au Judo. 
Minoru MOCHIZUKI a pratiqué d’autres disciplines, pour se consacrer au Yoseikan Budo.
Bon ben alors, lui aussi s’est consacré à une seule discipline : la sienne. Oui, sauf que :
En pratiquant le Yoseikan Budo, vous pratiquez une multitude de disciplines sans jamais vraiment savoir laquelle. Est-ce du judo, du karaté, de l’aïkido? On n’en sait rien.
Et les réunir ensemble n’a aucun sens, sinon celui de leurrer le pratiquant (et s’il est naïf, c’est encore mieux).
Vous aurez compris que le Yoseikan Budo s’inscrit plus dans le domaine du sport, que de la tradition, issue de la lignée des grands maîtres japonais d’arts martiaux, et créateurs de leur propre discipline.
Hiroo, son fils et « digne successeur » ne saurait-il encore ce qu’il y a dedans?
Son père, Minoru MOCHIZUKI, est considéré aujourd’hui comme « un trésor national japonais »
Pas pour sa pratique de l’Aïkido en tout cas.
Malgré tout, il existera toujours des gens assez naïfs pour croire aux histoires à faire dormir debout un éléphant, pourvu qu’ils s’en satisfassent, incrédules qu’ils sont.
La preuve avec cet extrait tiré du site vwww.aikidomochizuki.com :

« Qu’est-ce que l’Aïkido Mochizuki? 
Art martial développé par Minoru Mochizuki Shihan (Grand Maître), prenant ses sources dans les Budo classiques Nippons, l’Aïkido Mochizuki s’adapte aux nécessités du monde moderne afin de répondre aux situations réelles avec efficacité, tout en prenant en considération les limites imposées par la loi. 
Utilisant la force strictement nécessaire, ces techniques rappelleront les origines de l’Aïkido, du Judo de combat, du Karaté et du Kendo. C’est donc une continuation harmonieuse de ces arts martiaux sous la forme d’une discipline concrète et adaptée à la vie. 
L’art développé par Mochizuki Shihan fut originalement nommé Yoseïkan Budo. Quant il a envoyé son fils en Europe comme son représentant, ce dernier a librement incorporé des éléments des traditions martiales asiatiques et européennes. L’Aïkido Mochizuki tente de retrouver l’esprit et la forme originale tel que conçu par Minoru Mochizuki Shihan. 
Tel est l’enseignement de l’Aïkido Mochizuki qui s’inscrit dans la voie des maîtres et c’est cela que nous voulons vous faire partager
».

Ils se rendent compte de ce qu’ils écrivent ces gens là ?
« …rappelleront les origines de l’Aïkido,… » et plus loin « retrouver l’esprit et la forme originale tel que conçu par Minoru Mochizuki Shihan « , la seule origine de l’Aïkido, c’est son fondateur Morishei UESHIBA.
Sans doute croient-ils qu’il y a eu deux fondateurs à l’origine de cet art martial?
Avant 1964, on parlait bien d’une « méthode MOCHIZUKI », qui est directement liée à la venue du « maître » Minoru en France.
Par la suite, le nom de MOCHIZUKI, sous l’influence du fils Hiroo, sera définitivement associé au Yoseikan Budo.
Pour autant, Minoru MOCHIZUKI n’a pratiqué qu’une année avec O senseï, et, à en croire l’article consacré à Minoru Michozuki que nous avons vu plus haut sur le site vwww.aikidomochizuki.com, c’est à lui qu’ils attribuent une partie des origines de l’Aïkido  ? Et on ne parlerait plus alors d’Aïkido, il faudrait dire Aïkido Mochizuki ?
De qui se moque t-on ?
A bientôt.
Encore plus d’infos sur les MOCHIZUKI Père et Fils dans la rubrique « Aikido »
Quelques reférences (ça peut servir) :
www.budoyoseikan.com pdf )
www.aikicam.com ( pdf )
gradespdf )
IMAFpdf )
vwww.aikidomochizuki.compdf )
www.aikido-atch.com ( pdf  )

 

(1) En ce qui concerne son départ de France, sachez qu’il n’est pas volontaire. C’est un fait établi qui n’est pas cité dans les deux paragraphes plus haut. Il faut savoir qu’à la suite de propos anti-nucléaires, connus du public à l’époque, il sera expulsé de France, et retournera au Japon en mai 1953. (voir par exemple www.aikido-atch.com ).
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